classe CaLou

Première semaine

Mardi 1 septembre – la rentrée

Ça y est, on y est à ce fameux jour de rentrée. Toujours un moment très spécial dans l’année.

Qui va-t-on accueillir ? Notre projet va-t-il fonctionner ?

Cela fait 1 semaine que je suis revenue à l’école pour finir d’installer notre pôle Petite section. Le grand ménage ayant été fait, tout le travail de juillet était à recommencer.  Relever ses manches et remettre en état.  

Créer un bel endroit est important pour moi, épuré, simple et fonctionnel. Avec juste ce qu’il faut. Murs vides qui se rempliront au fur et à mesure de l’année. J’aime comparer la rentrée à un emménagement : quand on emménage dans une nouvelle maison, on n’a pas envie de voir la déco du locataire précédent. On aime y apporter sa touche personnelle. Pour mes élèves, quel que soit l’âge, je veille au même confort : murs vides, jeux et matériel adaptés à leur âge de rentrée. Nous construirons notre espace ensemble au fur et à mesure. Et la dernière semaine de l’année, ensemble, nous enlèverons tout, eux pour se préparer à changer de salle après l’été, et moi pour anticiper la rentrée prochaine, comme un déménagement.

Lundi soir, tout est prêt. Il reste toujours un petit détail comme le tableau de communication aux familles à mettre dans le couloir ou le chevalet qui a du mal à trouver sa place.

Mardi – les premières familles arrivent.

Les accueillir une à une, les autres attendent leur tour dans le couloir, les faire asseoir sur le petit banc, se présenter, mettre l’étiquette sur le tee-shirt de l’enfant (et non pas encore l’élève, il le deviendra au cours de la maternelle) pour me souvenir du prénom la première heure. (Le premier jour, je répète le prénom à chaque fois que je m’adresse à l’enfant pour le mémoriser), et faire la photo de famille. Puis les laisser observer la classe et accueillir la famille suivante.

9h. Rassurer et laisser partir les parents. Dans notre école, nous faisons le choix d’accueillir en 1//2 classe le premier jour et l’autre ½ classe le 2è jour.

Nous avions prévu des petits ateliers : les ballons de rentrée, l’étiquette de portemanteau que nous avions commencée à la journée porte ouverte en juin pour ceux qui étaient présents, le premier dessin au crayon ou à la craie, et les premiers ateliers autonomes : Duplo, grosses perles, puzzles, encastrement, bouliers, coin cuisine, tapis de motricité, coin tente

Des bulles pour la cour de récréation, l’histoire de « Ma petite rentée » et le midi, nous avons mis en place l’APC dodo. Nos élèves sont couchés par les ATSEM et les animateurs sur le temps de cantine : nous venons en aide au déshabillage, couchage, lecture collective d’une histoire, consoler des pleurs s’il y en a et fermeture de la lumière. Puis habillage dans la classe, plus agréable qu’au dortoir, avec un vrai temps d’échange et d’apprentissage de l’autonomie et enfin, finir avec nos petits ateliers du matin. Les enfants étaient tellement avides de découvrir les espaces que nous avons rajouté le modelage.

Le soir, après la classe, nous prenons un moment, Loubna et moi, pour faire le point. Nous aurons besoin de ce temps pendant plusieurs semaines : points positifs, points non pas négatifs car il n’y en n’a pas, notre journée a été épuisante, certes, mais extraordinaire, donc points à retravailler et recherche de solutions à deux. Le positif du premier jour : l’accueil du matin individualisé, être 4 adultes dans nos espaces, prendre le temps pour accompagner la séparation, le temps d’échanger avec nos élèves, temp si rare et si précieux à l’école, l’histoire collective, et se dire mutuellement nos besoins. A retravailler, l’habillage au dortoir que nous avons tenté le premier jour, mais abandonné ensuite pour le faire en classe.

Jeudi 3 septembre

Nous accueillons le deuxième groupe de la même façon : une Atsem dans le couloir, une volante entre les espaces, et les maîtresses dans leur salle respective, porte ouverte entre les classes, les parents voient tout de suite le fonctionnement vers lequel nous voulons tendre.

Bilan en fin de journée : nous avions proposé au 1er groupe de revenir à 10h30 pour rester dans les textes préconisant de ne pas faire de coupure si l’enfant est déjà venu à l’école. Nous les avons accueillis au portail de la cour car nous étions en récréation. Une catastrophe : des pleurs que nous n’avions pas eu au premier jour, des parents stressés (forcément), une maîtresse débordée. Nous ferons autrement l’an prochain. Le temps de l’histoire est aussi à modifier, nous avions tous les enfants à partir de 10h30 et lire l’histoire à 50 enfants en même temps est difficilement gérable. Nous choisirons de faire l’histoire en groupe classe. Nous allons modifier l‘emploi du temps.

A mettre en place : un petit affichage, genre panneau interdit, quand la porte communicante doit être fermé (pour les sorties de 11h30 et 16h30 ou quand l’autre maitresse est en salle d’activités physiques).  Une boite de rangement dans chaque classe près de la porte de l’autre classe, pour les petits jeux qui sont passés d’une salle à l’autre et faciliter leur rangement

Ce que nous avons particulièrement apprécié. Pour nos élèves : la grande flexibilité des classes, l’espace pour les enfants, cette liberté qu’ils ont de passer d’un espace à un autre. Les enfants ne se sentent plus enfermés dans une classe, mais peuvent bouger librement. L’espace cuisine qui fourmille, les petits ateliers très investis, nous avons rajouté le transvasement avec les marrons et les bols, les premières réussites : « maicresse, z’ai réussi à mettre ma sossette ».  Et en tant que maitresse : notre belle collaboration, cette énergie bienveillante dans nos salles de classe, l’empathie l’une pour l’autre, les échanges et le partage que nous avons, le non jugement l’une envers l’autre, (pour rappel, Loubna et moi ne nous connaissons que depuis un an, nous avons juste la volonté de faire bouger les choses), l’adaptation rapide de nos ATSEM dans notre projet. Enfin nous ne sommes plus toute seules dans notre salle de classe.

Vendredi 4 septembre

Découverte de la « motricité » avec l’apprentissage en groupe classe pour la structure du toboggan de la cour.

Découverte des mascottes en regroupement général avec une lettre arrivée dans la classe et la recherche de doudous verts. Nous avons choisi « César », le crapaud de Sedrap, qui autrefois état avec Nelly, une souris. Nous n’avons pas trouvé de Nelly : nous avons 2 Césars qui deviendront César et Gaspard, des jumeaux.

Ce que nous voulons retravailler : plus de jeux dans une salle que l’autre, nous allons équilibrer en enlevant le chevalet et rajouter un espace puzzle – langage.

Ce que nous avons particulièrement apprécié : le ressenti des élèves, la fin des pleurs à 10h, le temps. Nous passons du temps à consoler par un câlin à hauteur d’enfant et le relais avec nos ATSM pour consoler les pleurs du matin, de vrais échanges avec les enfants (pas une seule fois, j’ai dû demander d’attendre à un autre enfant) cette disponibilité est très appréciable. La gestion du groupe classe : il y a plus d’espace, donc plus de jeux disponibles, moins de disputes, elles ont été très localisées et beaucoup plus repérables, donc plus gérables. L’écoute de soi aussi : j’ai levé la voix une seule fois (moi qui a tendance à crier) non pas que la bêtise était importante, j’étais juste fatiguée à ce moment-là. Le rangement également, pour lequel nous passons beaucoup de temps. Les enfants aiment le rangement, nous aussi, et nous prenons le temps de leur apprendre en faisant avec eux :  nous leur demandons de nous aider, ou d’aider un copain, pour installer le plus vite possible l’habitude d’entraide.

Nos élèves se sentent apaisés et nous, après ces trois jours, nous sommes certes fatiguées, car nous donnons beaucoup d’énergie, mais nous sommes enchantées par notre projet.

Nous aurons toujours des choses à améliorer, notamment le timing, les sorties de 11h 30 et 16h30, mais en cette fin de semaine, je peux affirmer que c’est la première année où je suis vraiment fière du travail réalisé, heureuse de me sentir pleinement à ma place, que cette rentrée est la plus belle, la plus douce, la plus bienveillante de toute ma carrière après  … 26 ans d’ancienneté.

Laisser un commentaire