Pour apporter créativité et bien-être aux enfants, ados, parents et enseignants .
Auteur : Caro Lune
Un blog de maîtresse pour mettre le bien-être en classe au cœur de sa pratique pédagogique.
Un blog d'auteur de petites histoires et anecdotes écrites au fil du temps, du vent, de la pluie pour mettre un petit rayon de soleil dans notre cabane.
Enseignante, art-thérapeute, artiste et maman de trois garçons.
Faire classe dehors. Comment convaincre que faire classe dehors a un côté magique ? Ma première expérience date de 2020 : j’étais au CP, je préparais ma séance prévue sur l’automne, je lisais le manuel de l’école. Observer l’automne dans un manuel ? Alors que la forêt n’est pas si loin ? Pourquoi ne pas aller observer l’automne en situation réelle et donner plus de sens aux apprentissages ? Nous voilà donc partis en forêt. Je ne suis plus revenue comme avant. Non seulement ma séance prenait tout son sens, mais j’avais aussi découvert mes élèves autrement, plus libres, plus joyeux, plus motivés, des enfants qui retrouvaient la liberté d’être en nature, la joie nous a accompagnée tout le long de la sortie, sans que je perde ni les élèves 😊, ni le « contrôle » de la classe. Avec le recul, il devient presque plus facile de faire classe dehors que dans la salle de classe. Comme si la forêt avait un pouvoir naturellement apaisant sur les enfants. Cette année là, j’y suis retournée pour les quatre saisons. Un bon début pour tout enseignant qui veut commencer le projet. L’année d’après j’y allais deux fois par période.
Puis en 2025, j’ai changé d’école. Mes nouvelles collègues étaient quasiment toutes partantes pour se lancer dans le projet. J’avais encore mon schéma CP en tête, il fallait transposer pour des PS-MS. Nous avons commencé mi-octobre. Je sortais avec Loubna. Elle a observé mon approche classe dehors, j’ai découvert ses idées maternelles.
Nous avons adapté les protocoles d’entrée et de sortie et les différents temps de la séance. Nous avons testé de nouveaux ateliers.
Le challenge de cette année : faire classe dehors dès le début d’année avec des petits uniquement. Loubna et moi avons mis en place deux séances extraordinaires que nous vous partageons ci-joint.
Première séance : découverte, transvasement et manipulation.
rituel d’entrée autour des 4 sens
apprentissage des règles
jeu libre avec manipulation et transvasement
cache-cache mascotte
rituel de sortie autour d’une histoire
Deuxième séance :
jeu libre
rituel d’entrée autour des 4 sens
ateliers en 2 groupes : 1 classe sur découverte de l’automne – 1 classe sur traces de boue
changement des groupes
rituel de sortie autour d’une histoire et de mon ami l’arbre
Vous trouverez ci-joint ces deux séances détaillées, ainsi qu’un petit dossier pour vous lancer dans le projet, avec les détails des rituels, du matériel, de l’organisation du temps, des objectifs, d’idées de séances …
Ne tardez plus, n’hésitez plus, essayez. Le plus dur c’est d’oser.
Faire classe dehors, c’est mettre pleinement du bonheur à l’école.
Une fois par mois, nous cuisinons les gâteaux d’anniversaire en classe. Cet atelier, qui peut se faire de la PS au CM2, à de nombreux avantages. Il évite les allergènes, il donne du sens aux apprentissages, il permet de mettre les parents en confiance par rapport à l’école.
Tout d’abord pour les élèves, l’atelier cuisine s’inscrit dans tous les domaines d’apprentissages. Voici quelques exemples :
langage oral : les fruits, les ustensiles
langage écrit : la recette
mathématiques : doser, mesurer, lire les nombres, calculer
explorer / découvrir le monde : les saisons, les déchets, sensibilisation à l’environnements, l’origine des produits alimentaires, hygiène
motricité fine : couper, peler, mélanger, pétrir, verser
devenir élève attendre son tour, échanger
Ensuite, pour les parents, quoi de mieux pour les mettre en confiance que de les inviter en classe ? L’aide des parents permet de disposer d’un adulte à chaque table pour que tous les enfants puissent cuisiner. En général je prépare trois tables : une pour les fruits, deux pour préparer l’appareil du gâteau. Deux à trois parents suffisent. En maternelle, l’ATSEM pourra s’occuper de la table des fruits, en élémentaire, cette table peut être autonome.
Voici comment se déroule une séance d’une heure :
langage autour de la recette et des ingrédients en regroupement, disposition des ingrédients sur les tables
constitution de 3 groupes, avec passage aux toilettes pour se laver les mains, groupe par groupe
installation des groupes et réalisation des gâteaux
vaisselle par un parent et 2 élèves qui essuient
En cliquant sur le lien suivant, vous trouverez la fiche de prep (façon carte mentale) et 20 recettes
Jeudi, journée épuisante. Rentrer vidée, craquer, se reposer et repartir.
Vendredi : même début de journée que la veille. Craquer de nouveau ou lâcher ? Décider en une fraction de seconde d’arrêter ma séance – tant pis pour les apprentissages – la sécurité et le bien-être avant tout, ranger le matériel, fermer la porte de communication des 2 classes, me poser dans un coin et observer mes élèves. Et là, petit moment magique : le calme est revenu, les enfants se sont apaisés.
C’est un magnifique projet dans lequel nous nous sommes embarquées. Mais tout n’est pas rose, loin de là.
Au fur et à mesure que les jours avancent, des problèmes émergent auxquels nous passons du temps à chercher des solutions. Cette semaine a vu du découragement, de la fatigue, mais aussi de la témérité, de la positivité, des prises de conscience.
De belles réussites : comme la lecture d’histoire en regroupement chacune dans sa classe, les échanges entre nous deux sur chacun des élèves : repérer les non francophones, les petits parleurs, les individualités de chacun ; et le toboggan avec l’apprentissage du « chacun son tour ». J’avais passé 2séances (1 avec chaque groupe classe) à expliquer l’utilisation du toboggan, puis chaque enfant a appris en respectant chacun son tour. Des outils ont été utiles comme la présentation de l’étiquette « chacun son tour » et du panneau sens interdit (avec scratch) quand le toboggan est fermé. Merci aussi à ma stagiaire pour son appui à ce moment-là.
Ce qui a été plus compliqué :
le bruit que génère 2 salles de classes ouvertes et le mouvement perpétuel. Impossible de faire un atelier autour du langage.
nos ATSEM qui se sont bien adaptées au projet, mais avec lesquelles nous devons débriefer pour une meilleure gestion des groupes classes.
la coordination de nos emplois du temps, la pratique différant parfois de la fiche théorique.
aller chercher les enfants pour faire un atelier. Même si nous avons mis nos trombinoscopes sur la porte communicante, cela prend du temps et certains enfants refusent de venir travailler avec l’autre maitresse, ou de sortir de leur espace classe pour aller dans l’autre
un espace comme la tente qui génère plus d’excitation que de repos.
et surtout la gestion de nos 10 enfants non francophones et de nos 3 enfants à profil particulier que nous découvrons au fur et à mesure que les semaines passent.
Nous pourrions arrêter ce projet (j’avoue que j’y ai pensé, mais le bonheur palpable des enfants et la foi de Loubna me convainquent de persister), nous cherchons plutôt des solutions pour le faire évoluer :
trop de bruit ? fermeture d’un espace ou de la porte quand c’est nécessaire.
trop d’agitation dans un espace ? évolution de celui-ci, cela signifie que les enfants sont passés à autre chose : la grande tente a été remplacée par une plus petite, ce qui a laissé de la place pour un coin dessin sur tapis à eau au sol.
souci d’emploi du temps ou atelier compliqué ? réflexion au changement de l’horaire de cet atelier (après-midi plutôt que matin) et aménagement d’espaces plus calmes à ce moment là.
les enfants qui refusent de venir dans l’autre classe ? travail à faire avec l’autre maitresse sur le temps d’accueil du matin, ou au lever de sieste
aller chercher les enfants pour un atelier ? l’organisation en groupe d’élèves pour une facilité de gestion (encore en réflexion)
les élèves à profil particulier ? comment dire, l’école inclusive est tout un débat. Evidemment aucun enseignant ne sera contre l’école inclusive, mais il devient trop facile (et épuisant) de faire porter aux enseignants de maternelle le repérage des enfants à profil particulier. Sachant qu’il faut presque un an avant d’obtenir de l’aide si les parents sont consentants, c’est toute une année qui devient compliquée tant pour les adultes que les enfants d’une classe. Quand on sait qu’en plus cette année-là est l’une des plus importantes de la scolarité de l’enfant : Bienvenue à l’école. Solution ? aucune, à part celles que nous connaissons tous : rencontrer les parents, entendre leurs réticences, rased, pmi, équipe éducative et patience, beaucoup de patience. Accepter d’arrêter une séance quand la situation n’est plus gérable. L’attention pour ces enfants est telle que parfois Loubna ou moi devons arrêter ou changer ce que nous avions prévu de mettre en place, pour ne faire que de la gestion de classe, pour que chaque élève se sente bien. Tant pis pour les apprentissages prévus, le bien-être des enfants avant tout.
Ce projet et ce niveau de classe sont très formateurs. J’ai eu la chance, et volonté, d’enseigner dans tous les niveaux de la PS au CP, de travailler en décloisonnement du CE1 au CM2. Ce que la PS m’apprend, c’est l’humilité, la gestion du groupe classe, lâcher mes résistances : ce qu’on peut exiger d’un enfant d’élémentaire, on ne le peut pas avec un enfant de 3 ans . Dans les classe plus grandes, l’enseignant peut être tenté d’insister pour finir sa séance, chez les petits, on n’a pas le choix que de lâcher quand c’est nécessaire. Tout enseignant devrait passer par cette classe là, ou venir faire un stage. D’un point de vue humain, c’est la classe la plus difficile, mais aussi l’une des plus passionnantes du système scolaire.
En lâchant ma séance, et observant mes élèves, j’ai pris conscience deux choses. Tout d’abord j’ai pu tester les travaux de Maria Montessori, repris par Céline Alvarez, sur l’importance de l’environnement. L’enfant réagit en fonction de celui-ci. L’environnement modèle l’enfant. S’il n’y a que des jeux, l’enfant va être attiré par le jeu et jouer. Un espace d’excitation va mener l’enfant à l’excitation, un espace d’apprentissage va mener l’enfant vers les apprentissages. L’enfant va vers ce qui lui est présenté et s’adapte en fonction. Comme s’il était un miroir de son environnement. Il est fascinant d’observer à quel point l’enfant est attiré par la présentation d’un nouvel apprentissage. Comme s’il avait l’impression d’être pris au sérieux, d’être grand. Il a besoin de le répéter pour se l’approprier, puis une fois acquis, de passer à autre chose. C’est en PS qu’on voit le mieux ce phénomène. L’âge où l’enfant absorbe tout. Mais aussi le besoin crucial pour nos enfants d’aujourd’hui de jouer : les écrans, les activités hors temps scolaires prennent la place qu’occupait le jeu. Il est donc important, en maternelle, de redonner cette place au jeu libre. Le jeu va socialiser l’enfant, lui apprendre la manipulation, développer la dextérité de ses mains, de ses doigts, et laisser libre cours à son imagination. L’environnement entre jeu et apprentissages, des temps pour les deux, des espaces pour les deux.
Cette semaine a été intense, épuisante mais aussi très constructive pour ma pratique de classe.
Pour respecter les besoins de bouger de l’enfant, nous installons un espace moteur dans ma salle de classe. Cet espace va évoluer au fil des périodes. Nous nous sommes inspirées, entre autre, de la progression d’Elodie Laborde.
Nous n’avons rien investi financièrement pour cet espace. Nous profitons du matériel de la salle de motricité.
Pour la période 1, nous avons choisi le thème « action ». La première semaine, nous avions mis uniquement deux gros tapis. Les enfants les ont utilisés pour bouger ou se reposer. Ils ont permis d’installer la règle : « respecter les autres ».
La deuxième et la troisième semaines, nous avions mis des grosses mousses. Nous avons rapidement laissé les blocs en mousse le matin seulement, pour transformer cet espace en espace transvasement aves les marrons ou enfilage avec les perles l’après-midi. A observer les enfants, nous avons senti en fin de semaine le besoin de le faire évoluer.
Cette semaine nous allons donc essayer le toboggan. Peut-être encore un peu tôt. Verdict demain. Le toboggan va nous permettre d’installer la règle « Attendre son tour » : deux enfants pourront grimper et descendre à chaque passage, un foulard leur sera confié pour les aider à se repérer. Nous nous réservons le droit de fermer cet espace si besoin en fonction de l’agitation des enfants.
Pour la dernière semaine nous verrons comment installer les engins roulants. Le couloir nécessitant la surveillance d’un adulte, nous ferons peut-être évoluer cette idée.
Voici ci-joint une idée de progression de cet espace pour toute la période et quelques photos. 😊
Cette semaine nous a permis de définir notre espace – temps de début d’année. Ceux-ci évolueront en fonction des besoins.
Nous avons acté les différents espaces de nos classes. Ce que nous avions prévu s’est avéré juste. Seul le chevalet est encore en suspens. Nous aimerions l’utiliser pour un mur de langage. reste à lui trouver une place logique.
Le plan des classes :
De même, l’emploi du temps a peu évolué. Observer les enfants nous a permis de le consolider.
L’emploi du temps commun, avec les temps de chacune :
Ça y est, on y est à ce fameux jour de rentrée. Toujours un moment très spécial dans l’année.
Qui va-t-on accueillir ? Notre projet va-t-il fonctionner ?
Cela fait 1 semaine que je suis revenue à l’école pour finir d’installer notre pôle Petite section. Le grand ménage ayant été fait, tout le travail de juillet était à recommencer. Relever ses manches et remettre en état.
Créer un bel endroit est important pour moi, épuré, simple et fonctionnel. Avec juste ce qu’il faut. Murs vides qui se rempliront au fur et à mesure de l’année. J’aime comparer la rentrée à un emménagement : quand on emménage dans une nouvelle maison, on n’a pas envie de voir la déco du locataire précédent. On aime y apporter sa touche personnelle. Pour mes élèves, quel que soit l’âge, je veille au même confort : murs vides, jeux et matériel adaptés à leur âge de rentrée. Nous construirons notre espace ensemble au fur et à mesure. Et la dernière semaine de l’année, ensemble, nous enlèverons tout, eux pour se préparer à changer de salle après l’été, et moi pour anticiper la rentrée prochaine, comme un déménagement.
Lundi soir, tout est prêt. Il reste toujours un petit détail comme le tableau de communication aux familles à mettre dans le couloir ou le chevalet qui a du mal à trouver sa place.
Mardi – les premières familles arrivent.
Les accueillir une à une, les autres attendent leur tour dans le couloir, les faire asseoir sur le petit banc, se présenter, mettre l’étiquette sur le tee-shirt de l’enfant (et non pas encore l’élève, il le deviendra au cours de la maternelle) pour me souvenir du prénom la première heure. (Le premier jour, je répète le prénom à chaque fois que je m’adresse à l’enfant pour le mémoriser), et faire la photo de famille. Puis les laisser observer la classe et accueillir la famille suivante.
9h. Rassurer et laisser partir les parents. Dans notre école, nous faisons le choix d’accueillir en 1//2 classe le premier jour et l’autre ½ classe le 2è jour.
Nous avions prévu des petits ateliers : les ballons de rentrée, l’étiquette de portemanteau que nous avions commencée à la journée porte ouverte en juin pour ceux qui étaient présents, le premier dessin au crayon ou à la craie, et les premiers ateliers autonomes : Duplo, grosses perles, puzzles, encastrement, bouliers, coin cuisine, tapis de motricité, coin tente
Des bulles pour la cour de récréation, l’histoire de « Ma petite rentée » et le midi, nous avons mis en place l’APC dodo. Nos élèves sont couchés par les ATSEM et les animateurs sur le temps de cantine : nous venons en aide au déshabillage, couchage, lecture collective d’une histoire, consoler des pleurs s’il y en a et fermeture de la lumière. Puis habillage dans la classe, plus agréable qu’au dortoir, avec un vrai temps d’échange et d’apprentissage de l’autonomie et enfin, finir avec nos petits ateliers du matin. Les enfants étaient tellement avides de découvrir les espaces que nous avons rajouté le modelage.
Le soir, après la classe, nous prenons un moment, Loubna et moi, pour faire le point. Nous aurons besoin de ce temps pendant plusieurs semaines : points positifs, points non pas négatifs car il n’y en n’a pas, notre journée a été épuisante, certes, mais extraordinaire, donc points à retravailler et recherche de solutions à deux. Le positif du premier jour : l’accueil du matin individualisé, être 4 adultes dans nos espaces, prendre le temps pour accompagner la séparation, le temps d’échanger avec nos élèves, temp si rare et si précieux à l’école, l’histoire collective, et se dire mutuellement nos besoins. A retravailler, l’habillage au dortoir que nous avons tenté le premier jour, mais abandonné ensuite pour le faire en classe.
Jeudi 3 septembre
Nous accueillons le deuxième groupe de la même façon : une Atsem dans le couloir, une volante entre les espaces, et les maîtresses dans leur salle respective, porte ouverte entre les classes, les parents voient tout de suite le fonctionnement vers lequel nous voulons tendre.
Bilan en fin de journée : nous avions proposé au 1er groupe de revenir à 10h30 pour rester dans les textes préconisant de ne pas faire de coupure si l’enfant est déjà venu à l’école. Nous les avons accueillis au portail de la cour car nous étions en récréation. Une catastrophe : des pleurs que nous n’avions pas eu au premier jour, des parents stressés (forcément), une maîtresse débordée. Nous ferons autrement l’an prochain. Le temps de l’histoire est aussi à modifier, nous avions tous les enfants à partir de 10h30 et lire l’histoire à 50 enfants en même temps est difficilement gérable. Nous choisirons de faire l’histoire en groupe classe. Nous allons modifier l‘emploi du temps.
A mettre en place : un petit affichage, genre panneau interdit, quand la porte communicante doit être fermé (pour les sorties de 11h30 et 16h30 ou quand l’autre maitresse est en salle d’activités physiques). Une boite de rangement dans chaque classe près de la porte de l’autre classe, pour les petits jeux qui sont passés d’une salle à l’autre et faciliter leur rangement
Ce que nous avons particulièrement apprécié. Pour nos élèves : la grande flexibilité des classes, l’espace pour les enfants, cette liberté qu’ils ont de passer d’un espace à un autre. Les enfants ne se sentent plus enfermés dans une classe, mais peuvent bouger librement. L’espace cuisine qui fourmille, les petits ateliers très investis, nous avons rajouté le transvasement avec les marrons et les bols, les premières réussites : « maicresse, z’ai réussi à mettre ma sossette ». Et en tant que maitresse : notre belle collaboration, cette énergie bienveillante dans nos salles de classe, l’empathie l’une pour l’autre, les échanges et le partage que nous avons, le non jugement l’une envers l’autre, (pour rappel, Loubna et moi ne nous connaissons que depuis un an, nous avons juste la volonté de faire bouger les choses), l’adaptation rapide de nos ATSEM dans notre projet. Enfin nous ne sommes plus toute seules dans notre salle de classe.
Vendredi 4 septembre
Découverte de la « motricité » avec l’apprentissage en groupe classe pour la structure du toboggan de la cour.
Découverte des mascottes en regroupement général avec une lettre arrivée dans la classe et la recherche de doudous verts. Nous avons choisi « César », le crapaud de Sedrap, qui autrefois état avec Nelly, une souris. Nous n’avons pas trouvé de Nelly : nous avons 2 Césars qui deviendront César et Gaspard, des jumeaux.
Ce que nous voulons retravailler : plus de jeux dans une salle que l’autre, nous allons équilibrer en enlevant le chevalet et rajouter un espace puzzle – langage.
Ce que nous avons particulièrement apprécié : le ressenti des élèves, la fin des pleurs à 10h, le temps. Nous passons du temps à consoler par un câlin à hauteur d’enfant et le relais avec nos ATSM pour consoler les pleurs du matin, de vrais échanges avec les enfants (pas une seule fois, j’ai dû demander d’attendre à un autre enfant) cette disponibilité est très appréciable. La gestion du groupe classe : il y a plus d’espace, donc plus de jeux disponibles, moins de disputes, elles ont été très localisées et beaucoup plus repérables, donc plus gérables. L’écoute de soi aussi : j’ai levé la voix une seule fois (moi qui a tendance à crier) non pas que la bêtise était importante, j’étais juste fatiguée à ce moment-là. Le rangement également, pour lequel nous passons beaucoup de temps. Les enfants aiment le rangement, nous aussi, et nous prenons le temps de leur apprendre en faisant avec eux : nous leur demandons de nous aider, ou d’aider un copain, pour installer le plus vite possible l’habitude d’entraide.
Nos élèves se sentent apaisés et nous, après ces trois jours, nous sommes certes fatiguées, car nous donnons beaucoup d’énergie, mais nous sommes enchantées par notre projet.
Nous aurons toujours des choses à améliorer, notamment le timing, les sorties de 11h 30 et 16h30, mais en cette fin de semaine, je peux affirmer que c’est la première année où je suis vraiment fière du travail réalisé, heureuse de me sentir pleinement à ma place, que cette rentrée est la plus belle, la plus douce, la plus bienveillante de toute ma carrière après … 26 ans d’ancienneté.
Par chance, Loubna et moi partions en vacances en même temps, mi juillet.
Nous avons passé quelques demi-journées à élaborer notre projet :
au niveau des espaces : faire un plan de classe et bouger les meubles
au niveau des apprentissages : se répartir les domaines d’apprentissages en fonction des espaces de chacune, élaborer la programmation du début de la période 1
au niveau de la coordination : faire un emploi du temps commun, faire une fiche atelier
Il ne restait plus qu’à trouver un nom à notre projet : Loubna – Caroline / Caroline – Loubna = Ca-Lou (petit clin d’œil de maman aux peluches toute douces de la marque Kalou)
Voici ci-joint notre emploi du temps et nos fiches ateliers :
On a décidé notre fusion à la première canicule de juin 206. Il faisait trop chaud dans ma classe (36°), on allait prendre le même niveau à la rentrée 2026. Loubna a lancé : »tu pourrais t’installer dans la salle du perisco, et on pourrait ouvrir la porte entre nos deux classes. » On pourrait donc fusionner et créer un grand espace PS. Les yeux brillants de Loubna, son enthousiasme, sa motivation et les fortes chaleurs m’ont rapidement convaincue.
J’ai toujours adoré travailler dans des espaces flexibles (https://classecrea.com/la-peda-classe-crea/), mais là, sur deux salles … pourquoi pas. On a commencé par le plus simple : se répartir les espaces : coin cuisine, BCD, graphisme, autonomie, constructions, outils mathématiques…. Loubna est plus matheuse et moi littéraire, une chance. Mais là ont commencé à germer les vraies questions : comment faire l’emploi du temps, comment gérer les ateliers. On s’est vite rendu compte que fusionner les espaces implique de fusionner sa façon de travailler, de penser et préparer sa classe.
Et des questions, toujours : et si on ne s’entend pas (on ne se connaît que depuis un an) ? Je suis impulsive, elle est très calme. Je suis plus âgée (trop ?), elle est jeune. Je me persuade que nos différences feront nos forces.
Et puis il fallait se décider, vite, car les services techniques voulaient intervenir dès le 06 juillet.
Fusionner me paraissait complexe, mais tellement évident, passionnant, enivrant. Et hop ! Fin juin – début juillet, c’était parti pour le grand déménagement.
L’atelier des enfants est ouvert tous les mercredis de 16h à 17H.
Je propose des ateliers créatifs autour d’une thématique, d’un outil, d’une pratique d’arts plastiques. Il ne s’agit pas de cours, mais d’une découverte de technique, d’un plaisir de manipuler avec ses mains, de laisser à l’enfant libre cours à son imagination et à sa créativité.
Pour les plus petits, les 4 – 5 ans, l’atelier peut être écourté à 30 mn.
Tous les enfants sont les bienvenus, avec ou sans troubles, neuroatypiques et neurotypiques, avec ou sans fauteuil.
Tarifs :
1h de séance : 25€
30 mn de séance 4 – 5 ans : 15 €
forfait au mois, soit 4 séances d’1h : 80€, payable à la premières séance
forfait au mois, soit 4 séances d’1/2h : 50€, payable à la première séance
Conseils de lecture : les enfants sont allongés, la tête sur un petit coussin, mettez une musique douce, baissez petit à petit le volume et lisez le conte, d’une voix douce.